Mercredi 16 février 2011 3 16 /02 /Fév /2011 14:46

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si peu de neige...

Par Mademoiselle Prym - Publié dans : galerie de photos
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Mercredi 19 mai 2010 3 19 /05 /Mai /2010 00:02

 

Au ciel de Toulouse...

 

 

Nul ne saura jamais pourquoi certaines personnes semblent plus douées pour le bonheur, alors que d'autres accumulent échecs, épreuves tout au long de leur vie...

Y-a-t-il une recette du bonheur ? Des prédispositions de certains ? Des fées qui se penchent sur nos berceaux pour nous offrir des voeux de beauté, de lumière, de joie ?

La joie est-elle dans nos veines ? Est-elle injectée par nos parents, nourrie d'amour chaque jour que nous grandissons ? Pousse-t-elle comme un arbre de vie au fond de nous ? Se dresse-t-elle face aux épreuves comme un rempart, un abri, une muraille, une force ? Et si c'était la Grande Loterie ? Cela voudrait dire que le bonheur dépendrait de cet explosif et improbable cocktail qu'on appelle la Chance ? Victime ou guerrier : voilà donc notre choix ? Certains pourraient donc trouver la force de se relever, croire au Bonheur à chaque fois, vivre sans jamais renoncer et d'autres se verraient alors accablés, abattus de ne pas avoir pu lutter contre les éléments ? Ah, mais comme elle serait injuste alors cette Grande Loterie ! Je m'interroge sans cesse : comment ne pas faire de mes filles des petites victimes de leur destinée ? Comment faire pousser dans leur coeur cet arbre de vie et de force ? Comment leur montrer le chemin du bonheur que je cherche sans cesse depuis si longtemps ?

 

Je sais. Je vais leur montrer. Pas le Bonheur : c'est trop fort, trop intense, trop fugitif... Non, je vais leur montrer le désert. Le désert de la vie, la désolation d'une vie sans vie, la solitude, la maladie... Je vais leur montrer le contraire du bonheur : quand on se retrouve seul, abandonné de tous, retranché dans la mauvaise direction, prisonnier de ses seuls démons. Je vais leur montrer la détresse d'un coeur abandonné par la vie, l'amour, la joie. Oh, les exemples ne manquent pas dans la vie de tous les jours. Mais une fois de plus, je ne choisirai pas mon exemple. C'est lui qui va me choisir. Ou plutôt qui va choisir ma fille aînée pour lui montrer. Pour qu'elle comprenne, qu'elle aprenne, qu'elle devine ce que c'est la solitude.

 

Nous passions la journée à Toulouse, mes filles et moi. Angélique l'aînée avait alors neuf ans et la plus petite, Aurore, cinq ans. C'était quelques jours avant Noël. Je les amène deux ou trois fois par an à Toulouse. J'aime à leur montrer mes rues préférées, mes boutiques favorites et elles, elles découvrent les leurs. On flâne dans les librairies, on rôde place du Capitole, bien occupée à cette période de l'année par les cabanes du marché de Noël. On dépense quatre sous à des bonnets ridicules, à des babioles stupides, à des bijoux fantaisies mais fantastiques, bref, c'est tellement bon d'être toutes les trois : trois filles dans Toulouse. Quand l'après-midi tire à sa fin, notre préférence consiste à aller goûter « au Ciel de Toulouse ». Il s'agit d'un snack au dernier étage « Des Nouvelles Galeries ». Oui, je sais, actuellement ce restau n'existe plus et le magasin s'appelle maintenant « les Galeries Lafayette » (bien plus parisien donc plus branché...) mais pour tous les Toulousains, ça restera « les Nouvelles Galeries » et puis c'est tout. Un peu fatiguées par notre joyeuse expédition, nous montons donc au dernier étage pour déguster une crêpe. Il y a plusieurs comptoirs circulaires disposés au centre de la salle. Chaque serveuse se trouve entourée par son comptoir en zinc, au milieu de ses clients, perchés sur de hauts tabourets. La vue depuis le haut de l'immeuble est absolument magnifique. Les rues ménent la vue du spectateur jusqu'aux clochers de St Sernin et des Jacobins. L'animation de la place Wilson remonte jusqu'aux oreilles et aux yeux, emplissant l'air de bruits assourdis et rassurants. Derrière les baies vitrées, une terrasse surplombe les toits de Toulouse, nous sommes à la veille de Noël, et le fond de l'air est froid. C'est pourquoi, nous n'irons pas sur la terrasse aujourd'hui. Nous resterons bien calées, sur nos tabourets géants, accueillant avec un plaisir non dissimulé nos crêpes innondées de chocolat noir que nous ferons glisser sous le palais avec un grand verre de coca. Aurore, ma plus petite, la bouche barbouillée de chocolat, déballe déjà de sa poche plastique, son trésor du moment : elle vient d'acheter avec son argent de poche à l'étage inférieur des Nouvelles Galeries, de fabuleux et rutilants feutres fluorescents, dont, accrochez-vous bien : l'encre est parfumée aux fruits ! Il y a le jaune qui sent le citron, le vert qui sent la pomme, le rouge la fraise, le bleu le ciel ...(non, là j'invente... »maman : je te fais dire que le ciel ça sent pas »...). Après les avoir tous sniffé, la gamine commence à griffonner sur le ticket de caisse des arcs en ciel fruités et odorants. L'aînée, elle, n'a pas encore terminé sa crêpe et se demande comment négocier avec moi pour pouvoir en laisser une bonne partie. A-t-on déjà vu des moineaux dévorer des crêpes entières ? Mais Angélique et ses magouilles anti-crêpe ne m'intéresse plus, c'est sa voisine qui attire mon attention. C'est une dame sans âge. Ce qui veut dire que si l'on ne peut pas lui donner d'âge c'est que le temps n'est plus un repère, ni pour elle, ni pour nous. Ses habits, modestes, sont tristes et chiffonnés. Son visage a la peau grise et chiffonnée aussi mais ses yeux bougent dans tous les sens. Elle semble très agitée. Elle dodeline de la tête, marmonne dans sa barbe et commence à gesticuler.

 

- »Non, ils ne m'auront pas ! Je sais quoi leur dire à ces salauds ! ». Angélique relève la tête de son indestructible crêpe, moi je crois que tous les clients vont lever la tête aussi et se demander pourquoi cette dame se met à invectiver ainsi son bout de comptoir... Je regarde à droite, à gauche, mais non, personne ne semble la voir. Je cherche des yeux les ennemis invisibles de la pauvre femme, peut-être dissimulés au milieu de cette paisible et respectable assemblée. Je cherche des yeux, le regard de la serveuse pour y trouver une explication possible : trop d'alcool ? SDF ? Mais la serveuse continue de nettoyer le zinc de son bar d'un air las et indifférent, sans prêter attention à mes questions muettes. Je ne rencontre que le regard d'Angélique. Mon oeil d'observateur aiguisé et accoutumé à scruter les sombres et mystérieuses forêts de Barousse, se reportent à nouveau sur la femme. Elle a englouti son café d'une main tremblante et sort maintenant de son sac à mains, des petits bouts de papier d'une main fébrile. Je m'inquiète un instant pour Angélique : qui sait ce qu'il peut bien se passer dans la tête de la pauvre vieille ? Faudrait pas qu'elle pète totalement les plombs et se mettent à nous insulter. Ca pourrait bien gâcher notre goûter « au ciel de Toulouse » ! Mais non, la voilà qui replie maintenant ses bouts de papier froissés :

 

- » je m'en vais leur montrer moi, ils m'auront pas cette fois ! » continue-t-elle inlassablement. Angélique m'interroge du regard : je la sens perplexe et intriguée. Aurore, elle, continue d'écrire sur les tickets de caisse des mots multicolores et parfumés. La vieille continue de plier et déplier de plus en plus vite ses papiers gris et chiffonnés : certains tombent du comptoir en voletant comme des petits papillons tristes. Elle ne se rend pas compte de l'envol de ses précieux documents, ses mots sont presque inintelligibles maintenant, et je la vois rassembler dans l'indifférence générale ses maigres affaires en montrant du doigt quelques démons invisibles. Si elle m'avait regardé, j'aurai tenté un sourire, un mot d'encouragement mais elle ne me voit pas. La réalité qui l'entoure reste invisible à ses yeux, quant à elle, elle reste invisible aux yeux de ceux qui l'entourent. Mes yeux croisent ceux d'Angélique. Que te dire mon enfant en un seul regard ? Te dire par mes yeux résignés et mon sourire triste que tu n'as rien à craindre de la petite vieille assise à tes côtés et qui s'en va... Te dire que les fantômes qui s'agitent devant elle, se moquent bien de son combat perdu. Te dire que ses yeux agités sont vides. Te dire que là où elle est assise, elle tourne le dos au ciel de Toulouse... Te dire, va sur la terrasse ma petite, accroche tes petits doigts à la grille froide de la rampe qui surplombe les toits et regarde... Regarde, le ciel qui soudain flamboie, quand d'un coup, le soleil décide de plonger derrière la ville en lui arrachant ses plus beaux atours... Regarde le rose recouvrir les murs et les clochers pour se heurter au rouge incendiaire du jour qui se meurt... Regarde Toulouse, s'allonger dans le soir, comme une femme qui enlève sa robe d'or et de pourpre. Détourne toi du gris, du zinc, des fantômes et des absents...

 

La petite vieille est partie. Personne ne s'en est aperçu. Les clients jettent machinalement un coup d'oeil en habitués au feu d'artifice quotidien qui explose derrière les baies vitrées du café. Indifférents, pauvres ignares, à cette promesse quotidienne que nous fait le ciel de Toulouse, comme une promesse faite aux vivants de livrer chaque soir quand le jour décline, son ultime assault de couleurs pour résister une dernière fois, au manteau sombre de la nuit.

 

Je frissonne un instant. Je resserre l'écharpe autour du cou de la petite. La nuit va être froide, il me faut songer à rentrer à la maison. L'escapade à Toulouse est terminée. Je pense en scrutant le dernier rayon du soleil, que ce soir, mon mari aura allumé la cheminée. Les petites vont raconter leurs aventures. Je négocierai avec Aurore pour qu'elle accepte de ne pas dormir avec les feutres magiques, qui seront encore magiques demain à condition de rester bien rangés et capuchonnés dans leur étui. Puis je leur raconterai une histoire de Noël, et elles s'endormiront au coin de leur chambre, recroquevillées dans un coin de leur lit. Moi, j'irai au coin du feu, m'asseoir au coin du canapé, pour poser ma tête au coin de son épaule. Et je me dirai que j'ai bien de la chance d'avoir juste un petit coin... Juste un petit coin pour moi sous le ciel de Toulouse.

Par Mademoiselle Prym - Publié dans : Nouvelles
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Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 22:19

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drôle de rencontre sur la plage :

dragon ou rhinocéros ?

Par Mademoiselle Prym - Publié dans : galerie de photos
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Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 22:11

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le géant terrassé-

st pierre- mars 2010

Par Mademoiselle Prym - Publié dans : galerie de photos
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Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 11:42
..."c'est bien connu que l'homme est le maillon manquant entre le pirate et le cochon."..
Par Mademoiselle Prym - Publié dans : Citations
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